Entre émotion et excitation. Voilà comment débutera la saison de Formule 1 à Melbourne, avec une course qui se tiendra dimanche, à 6 h 10 heure française (Canal +). Émotion liée à la disparition de Charlie Whiting, l’emblématique directeur de course de la discipline reine des sports automobiles. Et excitation, en raison d’un mercato animé, avec plusieurs pilotes de top niveau ou très prometteurs qui ont changé de baquet. Revue en détail de quatre des principaux animateurs de ce cru 2019 qui s’annonce passionnant et long. De mars à décembre…

Lewis Hamilton et Mercedes en route pour leurs 6es titres ?

Lewis Hamilton et Mercedes poursuivent leur domination de concert. Après avoir égalé la saison dernière la légende Juan Manuel Fangio en décrochant une cinquième couronne mondiale, le Britannique veut désormais dépasser l’Argentin pour se rapprocher du recordman en la matière, Michael Schumacher et ses sept titres mondiaux. L’écurie allemande, elle, visera cette saison la passe de six titres mondiaux des constructeurs consécutifs. Évidemment, la menace pour ce tandem à succès se nommera Ferrari. Un péril rouge que Hamilton avait su dompter la saison dernière, lors d’une seconde moitié d’exercice parfois époustouflante. « Je ne suis pas encore à mon sommet, seulement sur le chemin d’y parvenir », confiait cependant le Britannique avant d’attaquer ce millésime 2019. Épaulé par un Valtteri Bottas qui semble acquis à sa cause, Hamilton, à 34 ans, a largement les moyens d’étendre sa domination une année de plus.

Charles Leclerc et Ferrari en chemin vers les sommets ?

À 21 ans, l’ascension du Monégasque impressionne. Certes, il ne bat aucun record de précocité, mais se retrouver propulsé au volant d’une Ferrari seulement une saison après son arrivée en Formule 1 symbolise une trajectoire rare. Surtout au sein d’une écurie transalpine plutôt habituée à recruter des talents reconnus et confirmés. Mais principal maître d’œuvre des progrès de Sauber la saison dernière, et accessoirement membre de la Ferrari Driver Academy, Charles Leclerc a su séduire le « Cheval cabré ». Et déjà tous les observateurs de se demander si celui-ci sera capable de bousculer Sebastian Vettel. « Je n’imagine pas que Leclerc soit aussi accommodant que ce que Kimi (Raikkönen) a pu être dans certaines occasions », confiait d’ailleurs sur le sujet Ross Brawn, l’actuel directeur technique et sportif de la discipline. Le principal intéressé, lui, a déjà annoncé la couleur : «Dans n’importe quelle équipe, il faut un no 1 et un no 2. Ce sera à moi de renverser la situation. Ça ne va pas être facile, j’ai beaucoup à apprendre, mais je vais faire de mon mieux. »

Pierre Gasly, le futur successeur d’Olivier Panis?

Année après année, la France s’est habituée à ne plus voir l’un de ses représentants monter sur la plus haute marche d’un podium à l’issue d’un Grand Prix de Formule 1. Le dernier titre mondial d’Alain Prost – en 1993 – remonte à une époque que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître et, depuis, seuls Jean Alesi au Canada en 1995 et Olivier Panis à Monaco le 19 mai 1996 ont permis à La Marseillaise de retentir à l’issue d’une épreuve. Un état des lieux guère encourageant, qui pourrait cependant changer cette saison avec l’arrivée de Pierre Gasly chez Red Bull. Une écurie qui a remporté sept victoires ces deux dernières années. À 23 ans, le natif de Rouen a donc le droit de rêver, surtout si le moteur Honda tourne rond. Et que sa propre tête aussi. En effet, le principal écueil pour Gasly pourrait résider dans la pression qui ne manquera de peser sur ses épaules, qu’elle vienne de son équipier Max Verstappen, des médias hexagonaux ou du poids de son ambition personnelle. Lors des essais d’avant-saison, il a ainsi commis deux erreurs, signe d’une certaine nervosité. Qu’il va devoir maîtriser.

Daniel Ricciardo, l’atout plus de Renault ?

Depuis son retour en tant qu’écurie à part entière en 2016, Renault n’a eu de cesse de progresser : 8 points inscrits la première année, 57 en 2017 et enfin 122 l’an dernier, pour se poser au pied du podium des constructeurs. Une courbe ascendante qui risquait cependant de se heurter au mur Mercedes-Ferrari-Red Bull. D’où le désir de l’écurie française d’attirer un pilote de haut calibre pour l’associer à un Nico Hülkenberg aussi solide que performant. Ce qui n’a pas empêché Renault de surprendre tout le monde en officialisant l’arrivée de Daniel Ricciardo, vainqueur à sept reprises et monté sur un podium à 29 occasions (lire ci-dessous). Il ne reste plus à l’Australien qu’à confirmer son potentiel sur la piste.

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