Opposés ce samedi (14h00) à la Pologne de Robert Lewandowski, les joueurs d’Hervé Renard vont avoir la délicate mission de confirmer leur succès inaugural sur les Gauchos.

Après avoir signé le premier immense exploit de la Coupe du monde contre l’Argentine, l’Arabie saoudite va s’atteler au plus dur, confirmer samedi (14h00) contre la Pologne de Robert Lewandowski pour se rapprocher des 8es de finale, comme en 1994.

Si le retentissement de la victoire contre l’Argentine (2-1) a été planétaire et a même entraîné un jour férié dans le Royaume saoudien, l’euphorie au sein de l’équipe saoudienne a été de courte durée, à en croire son sélectionneur, le Français Hervé Renard. «Nous avons fêté cette victoire pendant vingt minutes, mais il ne faut pas oublier que nous allons jouer deux matches difficiles. Vous pouvez gagner le premier match, puis perdre les deux matchs suivants et être dépassés», a prévenu le sélectionneur, vainqueur à deux reprises de la Coupe d’Afrique des nations, en 2012 avec la Zambie et en 2015 avec la Côte d’Ivoire. «Nous sommes entrés dans l’histoire. Cela restera pour toujours, mais nous devons regarder vers l’avant et garder les pieds sur terre», a ajouté l’entraîneur passé notamment par les clubs français de Sochaux et Lille.

Il est interdit de ne pas se qualifier.

Saleh al-Shehri

Connu pour être un meneur d’hommes hors pair, la magie Hervé Renard a une nouvelle fois opéré. «C’est vrai que l’entraîneur dessine des rôles techniques et fixe des plans. Mais il a su extraire des joueurs toute leur énergie. Les consignes de Renard avaient un effet magique sur les joueurs», souligne pour l’AFP l’attaquant Nasser al-Shamrani. Diffusée par la fédération saoudienne, sa causerie de la mi-temps contre l’Argentine, qui mène alors 1 à 0 et domine franchement, en donne encore une illustration. Verbe haut, il s’en prend à ses joueurs : «Dois-je faire comme vous les gars ? M’asseoir et baisser la tête ?» Il s’offusque de la faiblesse du pressing, notamment sur Messi : «Prenez vos téléphones pour faire une photo avec lui si vous voulez !»

Auteur du but de l’égalisation, Saleh al-Shehri n’envisage pas de s’arrêter en si bon chemin. «Il est interdit de ne pas se qualifier», a-t-il lancé. Dans l’esprit de tous les Saoudiens se trouve forcément l’épopée de 1994 aux Etats-Unis, quand les «Faucons verts» emmenés notamment par Saeed al-Oweiran, avaient atteint les 8es de finale du Mondial. Mais les joueurs d’Hervé Renard ont conscience de l’immense tâche qui se présente devant eux samedi.

Une équipe diminuée en défense

D’abord l’Arabie saoudite aborde sa deuxième rencontre du Mondial affaiblie par l’absence de deux joueurs cadres : son capitaine Salman al-Faraj, touché en fin de première période et blessé au tibia, et surtout son arrière gauche Yasser al-Shahrani. Les images du violent choc entre le genou du gardien saoudien et le visage du défenseur saoudien en fin de match contre l’Argentine étaient impressionnantes. Al-Sharani a dû être opéré au pancréas à Ryad quelques heures après la rencontre et est évidemment forfait pour le reste du tournoi.

Ensuite, face à l’Arabie saoudite se présente un nouveau grand nom du foot mondial, puisqu’après avoir affronté Messi, c’est désormais l’un des meilleurs buteurs des ces dernières années, Robert Lewandowski, qui se présente. La Pologne se trouve dos au mur après son match nul lors de son premier match du tournoi contre le Mexique (0-0). Et Robert Lewandowski chasse toujours après son premier but sur la plus grande scène pour un footballeur. En quatre matches – 3 en 2018 et pour l’instant 1 en 2022 -, il n’a jamais trouvé le chemin des filets, ratant un penalty contre le Mexique il y a deux jours. Son sélectionneur Czeslaw Michniewicz a toutefois confirmé que l’ancien attaquant du Bayern Munich était le N.1 de l’équipe dans l’exercice.