Tous deux âgés de 35 ans, les deux attaquants uruguayens s’apprêtent à disputer leur dernier Mondial. Mais pas forcément en étant associés dès le départ contre la Corée du Sud (14h00).

À 35 ans, Luis Suarez et Edinson Cavani incarnent le crépuscule de la génération dorée uruguayenne mais aspirent à porter la Celeste une dernière fois en Coupe du monde au Qatar, où l’Uruguay entre en lice jeudi contre la Corée du Sud (14h00). Le duo d’attaquants, nés à 21 jours d’écart dans le département septentrional de Salto, s’apprête à passer le flambeau à la jeune génération, portée notamment par Federico Valverde (Real Madrid), Rodrigo Bentancur (Tottenham), et l’attaquant de Liverpool Darwin Nunez… qui pourrait bien pousser l’un des deux vétérans sur le banc contre la Corée du Sud. Selon la presse uruguayenne, c’est le joueur du Valence CF, Edinson Cavani, qui devrait débuter ce premier match comme remplaçant.

Le «Matador» en veut encore

Débarqué à Valence cet été en provenance de Manchester United, le «Matador» a porté son nouveau club à bout de bras depuis le début de saison. Conforté par l’entraîneur valencien Gennaro Gattuso, Cavani a claqué quatre buts et une passe décisive en sept matches. Mais quelques semaines avant la Coupe du monde, l’ex-attaquant du Paris SG a été inquiété par plusieurs blessures : après avoir manqué les trois premiers matches de la saison, l’attaquant s’est fait une frayeur à la cheville droite contre le FC Barcelone, le 29 octobre, suscitant l’inquiétude parmi les supporters de la Celeste. L’international aux 58 buts en 133 sélections avait déjà manqué sur blessure les deux derniers matches avec sa sélection, fin septembre, contre l’Iran (défaite 1-0) et le Canada (succès 2-0). Mais en juin, avec le brassard de capitaine autour du biceps, il avait porté sa sélection vers deux succès écrasants en amical avec deux buts contre le Mexique (3-0) et deux autres contre le Panama (5-0).

Selon le journaliste de la chaîne sportive ESPN Diego Munoz, Cavani et Suarez forment «la meilleure paire d’attaquants de l’histoire de la Celeste». «Ils ont mis de côté leurs égos, ont toujours privilégié l’équipe et ils se sont apportés l’un l’autre. Des joueurs indispensables d’une génération qui a beaucoup donné à la sélection et qui a donné du rêve à la population», ajoute le journaliste à l’AFP. «La moindre décision qu’ils ont prise ces derniers mois, ils l’ont fait en pensant à la Celeste. Cela doit nous rendre fiers, nous, l’encadrement technique, mais aussi tout le pays», a affirmé le sélectionneur de l’Uruguay, Diego Alonso, mercredi en conférence de presse. Parfaite illustration de cette symbiose, le but magnifique inscrit par Cavani contre le Portugal après un une-deux de 40 m avec Suarez, en huitièmes de finale du Mondial-2018 (2-1).

La dernière balle du «Pistolero»

Pour le «Pistolero» Luis Suarez, ce Mondial s’apparente aussi à une dernière danse. Le meilleur buteur de l’histoire de l’Uruguay (68 buts en 134 sélections, devant les 58 buts en 133 rencontres de Cavani), revenu dans son club de cœur du Nacional Montevideo cet été après deux ans à l’Atlético Madrid, s’est éloigné de la scène européenne pour préparer ce Mondial de manière plus sereine, loin des projecteurs. «Nous avons un mélange de joueurs d’expérience et de qualité: je pense que l’Uruguay peut faire un très grand Mondial», a assuré l’ex-attaquant star de Barcelone. La bonne ambiance qui règne aux entraînements de la Celeste, rythmés par l’emblématique préparateur physique de l’Atlético Madrid Oscar «El Profe» Ortega, semble conforter cette ambition. Avec l’objectif à peine dissimulé de faire mieux qu’au Mondial-2010, où Suarez et Cavani avaient emmené l’Uruguay jusqu’en demi-finales (défaite 3-2 contre les Pays-Bas).