Parcours, coureurs, météo et pies australiennes: cinq choses à savoir sur la course en ligne hommes des Mondiaux 2022 de cyclisme sur route dimanche à Wollongong.

Un parcours exigeant

Avec une distance de 266,9 km et un dénivelé positif de 3.945 m, le parcours des Championnats du monde est du genre exigeant. «Plus dur que je ne m’y attendais», souligne le grimpeur français Romain Bardet. Le tracé se déroule en trois parties. D’abord une section de 27 kilomètres en ligne, le long de la côte australienne. Puis une boucle de 34 kilomètres dans l’arrière-pays comprenant l’ascension du Mount Keira, pas une mince affaire (8,7 km à 5%) mais trop éloigné de l’arrivée pour faire une vraie différence. Enfin un circuit urbain de 17 km que les coureurs vont parcourir à douze reprises. Ils vont donc gravir autant de fois ce qui devrait être le juge de paix de cette édition: le Mount Pleasant, court (1,1 km) mais redoutable avec ses 7,7% de moyenne et un pic à 14%.

Taillé pour les puncheurs

Un tel parcours rend improbable une arrivée massive et semble condamner les purs sprinteurs qui auront du mal à digérer la répétition des montées. Vu que la principale difficulté se trouve très loin de la ligne, il semble d’abord taillé pour un profil de coureurs explosifs: les puncheurs. C’est logiquement parmi eux qu’on trouve les principaux favoris, le double tenant du titre Julian Alaphilippe, même s’il revient de blessure, le Belge Wout van Aert, le Néerlandais Mathieu van der Poel, l’Australien Michael Matthews ou l’Érythréen Biniam Girmay. Il faut y ajouter le double vainqueur du Tour, le Slovène Tadej Pogacar, et le Belge Remco Evenepoel, tout frais vainqueur à la Vuelta, deux coureurs ultra complets dont les qualités de grimpeur pourront servir.

Un triplé rare

Le double tenant du titre Julian Alaphilippe, vise un triplé rare qui n’a été réalisé qu’à une seule reprise de toute l’histoire des Mondiaux depuis la première édition en 1927 en Allemagne: par le Slovaque Peter Sagan entre 2015 et 2017. Au tableau des médailles par nations, la France compte pour l’instant 10 titres dans l’épreuve reine, derrière l’Italie (19) et la Belgique (26, dont le dernier par Philippe Gilbert en 2012). L’Australie, à domicile, mise sur Michael Matthews pour remporter son deuxième titre après celui de Cadel Evans en 2008. Matthews était devenu champion du monde espoirs en 2010 et c’était en Australie.

Retour du soleil

Après quatre jours maussades sous la pluie, le soleil est censé faire son retour à temps dimanche pour la course hommes. Les prévisions météo prévoient quelques nuages voire une petite averse mais il devrait faire beau dans l’ensemble, avec un vent soufflant entre 15 et 20 km/h à la mi-journée. Le départ de la course est fixé à 10h15 (02h15 en France, 00h15 GMT) pour une arrivée prévue vers 16h50 (08h50 en France, 06h50 GMT).

Attention aux pies

Si la météo devrait épargner les coureurs, une autre menace venant du ciel plane au-dessus de leur tête: le cassican flûteur, plus communément appelé la pie australienne qui, en cette période de reproduction, peut se montrer particulièrement agressive. Le phénomène, très sérieux, est bien connu des cyclistes australiens qui pour beaucoup collent des sortes d’antennes sur leur casque pour échapper aux descentes en piqué du volatile. Plusieurs coureurs ont été attaqués lors de leur sorties d’entraînement comme le Néerlandais Bauke Mollema. Il n’y a pas encore eu d’incident en course, sauf pour Mollema, encore lui, qui s’est pris un oiseau sur le casque lors du relais mixte mercredi. Mais c’était une mouette.