Six militants écologistes jugés au Royaume-Uni après avoir perturbé le Grand Prix de Silverstone.

Le procès de six militants écologistes qui avaient perturbé l’année dernière le Grand Prix de Formule 1 à Silverstone en Angleterre a débuté mercredi, le procureur estimant que les activistes avaient posé un «risque immédiat de préjudice grave».

Le 3 juillet 2022, alors que la course du Grand Prix de Grande-Bretagne était neutralisée après un grave accident, plusieurs personnes avaient «tenté», selon la Fédération internationale de l’automobile, de s’introduire sur la piste.

L’opération avait été revendiquée par le groupe d’activistes «Just Stop Oil», qui multiplie depuis des mois les actions coup de poing au Royaume-Uni pour réclamer l’arrêt de l’exploration des énergies fossiles dans le pays.

«Il y avait clairement un risque immédiat de causer un préjudice grave. Il est évident qu’ils auraient pu être heurtés par des véhicules à toute vitesse», a estimé le procureur Simon Jones devant le jury du tribunal de Northampton (centre de l’Angleterre). «Leurs actions ont également mis en danger les pilotes et les commissaires de route.»

Les six accusés ont plaidé non coupable des charges de nuisance publique qui leur sont reprochées. Le procès doit durer deux à trois semaines.

Juste après l’intrusion, le groupe avait confirmé que «cinq militants ont perturbé le Grand Prix» tandis qu’un sixième s’était collé et attaché dans un parking à proximité.

Dans une vidéo diffusée avant de passer à l’acte, les activistes affirmaient agir car le monde «est en train d’être détruit au bénéfice de quelques personnes».

Invasion de terrains de football, blocages de route, jets de soupe sur des oeuvres d’art… Le groupe Just Stop Oil s’est fait connaître l’année dernière en multipliant les actions coup de poing, une stratégie assumée mardi lors d’une conférence de presse.

«Nous perturbons, car autrement les médias ne parleraient même pas de la crise climatique», a affirmé Phoebe Plummer, militant de 21 ans qui s’était fait connaître en lançant de la soupe sur un tableau de Van Gogh dans un musée londonien en août. C’est «une réponse proportionnée au futur qui nous attend».

Dans un communiqué la semaine dernière, Just Stop Oil affirme que plus de 2.000 arrestations ont eu lieu depuis le début de leur mobilisation en avril 2022, avec 150 personnes qui ont été détenues. «Il y a en ce moment 10 sympathisants de Just Stop Oil en prison», est-il ajouté.