Lewis Hamilton : six victoires (2008, 2014, 2015, 2016, 2017, 2019)

Si la relation entre Lewis Hamilton et le public anglais a alterné hauts et bas depuis le début de sa carrière, le Britannique s’est rapidement plu à Silverstone. Dès sa première saison en F1, en 2007 avec McLaren, il signe la pole et monte sur le podium (3e). Et l’année suivante, il s’impose avec plus d’une minute d’avance après être parti de la 4e place, sur une piste détrempée, prouvant déjà son talent sous la pluie.

Après une période plus compliquée, Hamilton renoue avec Silverstone dès sa première saison chez Mercedes, en 2013, avec la pole. Suivent, avec l’arrivée de l’ère hybride et la domination de l’écurie allemande, quatre succès consécutifs entre 2014 et 2017, avec une sixième victoire en 2019. Parmi les grands souvenirs, 2017, où quelques jours après avoir boudé le show organisé à Londres par Liberty Media, il est célébré comme une rock star par le public anglais.

Alain Prost : cinq victoires (1983, 1985, 1989, 1990, 1993)

Alain Prost est le seul pilote français à s’être imposé en terre anglaise, et il a la particularité d’avoir réussi à gagner avec chacune des écuries pour lesquelles il a roulé : Renault en 1983, McLaren en 1985 et 1989, Ferrari en 1990 et Williams en 1993, pour sa dernière saison et son dernier titre. Il n’a en revanche jamais remporté de course sur l’autre circuit anglais qu’il a connu, Brands Hatch. La preuve, sans doute, que Silverstone lui convenait parfaitement.

« Silverstone a toujours fait partie de mes circuits préférés et j’en garde d’excellents souvenirs, déclarait le quadruple champion du monde en 2014. Ma première victoire ici, acquise avec Renault en 1983, reste un moment très particulier. Les spectateurs étaient tellement bruyants que vous pouviez entendre leur ferveur depuis le cockpit, et ce malgré le rugissement des moteurs turbo de l’époque. J’ai eu la chance de m’imposer à quatre autres reprises sur ce tracé, et le soutien reçu à chaque fois m’a procuré de grandes émotions. »

Jim Clark : trois victoires (1963, 1965, 1967)

Avec deux titres mondiaux dans les années 60 (1963 et 1965), Jim Clark a été un des grands pilotes de cette décennie et reste l’un des plus grands de l’histoire de la F1. Et à domicile, en huit participations, il s’est imposé cinq fois, dont trois à Silverstone. Trois fois consécutivement puisqu’à l’époque le Grand Prix de Grande-Bretagne avait lieu alternativement à Silverstone et Brands Hatch.

L’année de son second titre mondial, en 1965, l’Écossais, au volant de la Lotus 33 à moteur V8, réussit une performance assez peu banale. Parti en tête, leader devant Graham Hill, il est surpris par une alerte rouge sur ton tableau de bord : la pression d’huile de son moteur est en train de chuter. Pour éviter panne, Clark prend alors la décision de couper le moteur à l’entrée de certains virages, ceux où la pression baisse le plus. Cela lui fait perdre quelques secondes au tour, mais il parvient tout de même à s’imposer avec trois secondes d’avance sur la BRM de Hill.

Jim Clark, en 1963, à bord de sa Lotus à Silverstone. (Gerry Cranham//Presse Sports)

Jim Clark, en 1963, à bord de sa Lotus à Silverstone. (Gerry Cranham//Presse Sports)

Nigel Mansell : trois victoires (1987, 1991, 1992)

Encore un Britannique qui a plusieurs fois brillé devant son public. Pilote charismatique, adulé ou détesté, Nigel Mansell a dû attendre sa sixième participation au Grand Prix de Grande-Bretagne pour s’imposer, en 1986, mais c’était à Brands Hatch. Son premier succès à Silverstone est venu l’année suivante, toujours avec Williams. Au terme d’une course mouvementée et d’un duel farouche avec son coéquipier Nelson Piquet. C’est seulement à trois tours de l’arrivée, après avoir compté 25″ de retard, que le Britannique double le Brésilien de manière très spectaculaire. Juste après l’arrivée, Mansell tombe en panne d’essence, et le public anglais envahit le circuit pour le porter en triomphe.

Quatre ans plus tard, toujours chez Williams, le Britannique remporte un autre duel, moins spectaculaire cette fois, face à un autre Brésilien, Ayrton Senna (McLaren). Tombé en panne avant l’arrivée, le Pauliste est ramené aux stands par le vainqueur. Une autre image forte…

Michael Schumacher : trois victoires (1998, 2002, 2004)

Vainqueur à de très nombreuses reprises sur plusieurs circuits (huit succès à Magny-Cours, sept à Montréal et Imola, six à Suzuka, Spa et Barcelone), Michael Schumacher ne s’est imposé “que” trois fois dans le berceau de la F1, et n’y a signé qu’une pole, en 18 participations. Ses trois victoires ont été obtenues au volant d’une Ferrari, et sa première est sans doute la plus rocambolesque.

À deux tours de l’arrivée, l’Allemand, leader de la course, reçoit une pénalité de dix secondes pour avoir dépassé Giancarlo Fisichella sous régime de drapeau jaune. Son écurie ne sait pas s’il s’agit d’une simple pénalité ou d’un stop-and-go. Dans le doute, elle demande à Schumacher, dont la radio ne marche plus, de s’arrêter, par précaution. Ce qu’il est contraint d’effectuer dans son dernier tour, alors qu’il compte 23″ d’avance sur Mika Häkkinen. Il s’engouffre ainsi dans la voie des stands et franchit la ligne d’arrivée de cette manière atypique, puis s’arrête à son emplacement, dix secondes, et repart. Le Finlandais termine donc deuxième, et malgré une protestation de McLaren auprès de la FIA, le résultat est entériné.