En misant sur les pneus pluie au départ, Pierre Gasly (Alpha Tauri) et Esteban Ocon (Alpine) ont perdu toute chance de bien figurer, dimanche au GP d’Émilie-Romagne. Ils se classent tout de même dans les points, en septième et neuvième positions.

Les pilotes du « ventre mou » de la grille le savent : ce genre de Grand Prix aux conditions changeantes et aux faits de course nombreux sont des opportunités pour bousculer la hiérarchie et viser plus haut que le potentiel de leur voiture le permet habituellement. Si Lando Norris, troisième au volant de sa McLaren, y est parvenu, ce n’est pas le cas des Français, qui se sont tiré une balle dans le pied d’entrée en étant parmi les quatre pilotes (avec les Haas de Mazepin et Schumacher) à opter pour des gommes pluie au départ.

« On pensait que plus de voitures feraient ce choix, mais ce n’était évidemment pas le bon », commentait Ocon, qui rentrait au stand dès la fin du premier tour pour chausser les intermédiaires et ressortait en dernière position. Gasly, lui, restait quatorze tours en piste avec ces enveloppes pas adaptées aux conditions séchantes. De sa cinquième place sur la grille, il glissait à la quatorzième au moment de son changement de pneus et se retrouvait dix-huitième une fois celui-ci effectué. « La pilule a été dure à avaler », reconnaissait le pilote Alpha Tauri, qui avait fait des merveilles sur une course au scénario similaire l’an dernier à Monza.

Une fois correctement équipés, les deux Français effectuaient deux belles remontées. Sur son chemin, Gasly s’est notamment frotté à l’Aston Martin de Stroll qui, pour avoir coupé un virage dans sa manoeuvre de dépassement, était pénalisé de cinq secondes en début de soirée, offrant au Français sa septième place. « On a sauvé quelques points, ce qui est toujours mieux que rien mais je reste tout de même sur ma faim, retenait ce dernier. Il y avait clairement mieux à faire. »

Dixième devant son équipier Alonso, Ocon arrache un point. (S. Mantey/L'Équipe)

Dixième devant son équipier Alonso, Ocon arrache un point. (S. Mantey/L’Équipe)

Ocon, lui, bénéficiait d’une pénalité de trente secondes infligée après la course à Kimi Räikkönen (pour ne pas être repassé par la voie des stands après avoir fait un tête-à-queue dans le tour précédant la reprise de la course après l’interruption) pour grimper de sa dixième place sous le drapeau à damier à la neuvième. « C’est une bonne récompense mais on en veut évidemment plus, soulignait le pilote Alpine, qui termine juste devant son équipier Alonso. On n’a pas fait une course aussi propre que le reste de notre week-end. En vitesse pure, on aurait pu accrocher le groupe de devant. La voiture avait le potentiel pour une septième ou une huitième place et elle est agréable à piloter. On a progressé mais on doit aller encore plus loin. »

Quand à Alonso, fidèle à ses habitudes, il ne se cherchait pas d’excuses : « Bien sûr je suis toujours en phase d’adaptation mais ce n’est pas une raison. Je dois être meilleur car je n’étais pas au niveau ce week-end. Mais je le serai à Portimao. »

publié le 18 avril 2021 à 20h49