L’entraîneur des Canaris n’est pas encore satisfait du mercato de son club cet été. Il attend des renforts et met la pression sur sa direction.

C’est un point de tension récurrent entre le président Waldemar Kita et les nombreux entraîneurs qui ont défilé sous ses ordres à Nantes: avant d’aller défier Marseille samedi (21h00) en Ligue 1, Antoine Kombouaré a fait monter la pression autour du mercato.

Auréolé de la victoire en Coupe de France mais inquiet de ne pas avoir les moyens de faire face à une saison à quatre descentes en L2 pimentée d’au moins six matches européens, l’entraîneur kanak avait déjà clairement hésité à rempiler en juin.

Il s’était finalement entendu avec Kita, en particulier sur le mercato, pour lequel le président, très proche des agents controversés Mogi Bayat et Bakari Sanogo, a habitué ses entraîneurs à un flot d’arrivées parfois saugrenues parsemées de quelques bonnes pioches.

«J’ai défini une liste de joueurs. Je vais juger sur pièces, mais j’ai confiance», avait assuré Kombouaré fin mai.

Deux mois plus tard, seuls le milieu international Moussa Sissoko – actuellement blessé – et les attaquants Mostafa Mohamed (Galatasaray) et Evann Guessand (Nice) sont venus renforcer une équipe orpheline du feu follet Randal Kolo Muani et d’une flopée de seconds couteaux.

Surtout, l’incertitude règne toujours pour trois piliers, Alban Lafont, Ludovic Blas et Moses Simon. A bout de patience, l’entraîneur a écarté tout bon de sortie.

«Travailler pour des renforts»

«Pour moi, il n’y a plus de départ, c’est terminé», a-t-il martelé jeudi devant la presse. Au contraire, «il faut travailler pour des renforts. C’est une urgence, c’est très clair!», avait-il déjà lancé la semaine dernière.

Pour le capitaine Alban Lafont, impérial pour maintenir les Canaris à flot lors des deux premières journées à Angers (0-0) et face à Lille (1-1), il semble que les offres ne se bousculent pas.

En revanche, selon plusieurs médias, Nottingham Forrest, promu en Premier League, s’intéresse de près à Simon, qui a épuisé la défense lilloise la semaine dernière, et pour lequel Nantes a déjà refusé une offre de 10 millions d’euros de Nice.

Et surtout, les discussions ont semblé sur le point d’aboutir en début de semaine dernière pour un transfert de Blas à Lille. Muet dans les médias, le buteur de la finale de Coupe de France (1-0 contre Nice) avait fait son choix, persuadé d’avoir à terme plus de chances de goûter à l’Europe dans de meilleures conditions en rejoignant Lille.

Mais Kita a hésité et jeudi, Kombouaré a jugé «impensable» un départ de son vice-capitaine vers un club qui, quoique ambitieux, a fini 10e l’an dernier (derrière Nantes, 9e) et ne jouera pas en Coupe d’Europe cette saison.

«Veto»

«Pour moi, Blas, c’est veto. V-e-t-o», a-t-il insisté, en précisant qu’il en était de même pour Lafont et Simon. «J’ai fait passer des messages. La direction le sait, elle le voit d’ailleurs qu’il nous manque des joueurs (…). Après, c’est le président qui prend ses responsabilités».

Dans un entretien lundi au quotidien L’Equipe, Waldemar Kita avait soufflé le chaud et le froid en refusant toute forme de «pression» de son entraîneur mais en assurant aussi que Blas devait rester.

Mais si Kombouaré est revenu à la charge, c’est aussi parce que les recherches patinent pour renforcer un secteur offensif déjà trop tendre, et a fortiori pour remplacer Blas ou Simon en cas de départ. Ainsi, les discussions avec Lens pour faire venir Gaël Kakuta sont au point mort.

Or, entre L1 et Ligue Europa, Nantes va disputer 19 matches d’ici à la mi-novembre, soit un tous les 4,5 jours. Et le match contre Lille, débuté sur les chapeaux de roue mais terminé à bout de souffle, a montré l’absence criante de profondeur de banc des Canaris.

A moins que Kombouaré ne se décide à lancer des jeunes, alors qu’avec Valentin Rongier, Jordan Veretout et Dimitri Payet, Marseille devrait compter plus de joueurs formés à Nantes sur le terrain que les Jaune et Vert…