Le capitaine équatorien Enner Valencia. DYLAN MARTINEZ/REUTERS

Décevants, les Qatariens se sont inclinés en ouverture de «leur» Mondial, dimanche 20 novembre, alors que l’ambiance monte dans le petit émirat.

Qatar, première! Onze ans après son attribution au petit émirat gazier, la 22e Coupe du monde a débuté dimanche. Le premier Mondial dans le monde arabe, le premier à débuter… par une défaite du pays hôte. Jusqu’ici, 16 victoires et 6 nuls en ouverture, zéro défaite. L’Équateur a mis fin à cette série (2-0) avec un doublé de son capitaine, Enner Valencia. Et encore, le joueur de Fenerbahçe a été privé d’un premier but pour une poignée de centimètres. Mention spéciale au portier des locaux, Saad al-Sheeb, pas très inspiré dans une première période marquée par des contacts virils… ou mal maîtrisés.

Une chose est sûre: le Qatar n’a pas impressionné lors de cette rencontre inaugurale. Pas très rassurant, alors que les champions d’Asie vont ensuite se coltiner le Sénégal et les Pays-Bas. Match d’ouverture qui ne restera globalement pas dans les annales, disputé sur un petit rythme, avec peu d’occasions et de spectacle.

Les Qatariens refroidis

Pas beaucoup d’ambiance, non plus… Et ce malgré les efforts du «kop» qatarien, vite refroidi. Le virage équatorien était à peine plus remuant. Il y avait quelques places libres au coup d’envoi, dans les tribunes du superbe stade al-Bayt (annoncé à 60.000 places mais qui contenait, selon la Fifa… 67 372 spectateurs!), situé à une grosse trentaine de kilomètres au nord de Doha et un peu perdu au milieu de nulle part dans le désert, à al-Khor. L’enceinte s’est ensuite progressivement vidée en seconde période pour s’achever dans un stade… quasi vide. Étonnant. Le public en avait sans doute assez vu après une belle cérémonie d’ouverture. Trente minutes de show avec, entre autres, quelques mots de l’émir du Qatar, Tamim Ben Hamad al-Thani, et du président de la Fifa, Gianni Infantino, un clin d’œil à Footix et aux mascottes des précédentes éditions ou encore quelques mots de l’acteur américain Morgan Freeman, un discours sur l’unité entre les peuples. Feu d’artifice, chanteurs stars en Asie, divers tableaux bien exécutés: la totale.

Et la climatisation? Soirée fraîche, mais elle était néanmoins en route dimanche soir, offrant une température idéale au public, malgré quelques petits coups de froid ponctuels. Pour le reste, pelouse parfaite, infrastructures tout autant. Le cadre est posé. À voir ce que les joueurs des 32 nations engagées et leurs fans mettront dedans…

Si les joueurs qatariens ne sont que moyennement prêts, le pays l’est davantage. Un pays qui se remplit au fil des jours. Timide en milieu de semaine, l’ambiance grimpe. Le souk Waqif est le lieu de rendez-vous de la plupart des amateurs de ballon rond qui ont fait le déplacement au Qatar. Il n’était pas rare de croiser des groupes de supporteurs tunisiens, algériens ou marocains dans les ruelles. Les contingents brésiliens et argentins doivent être les plus nombreux, a priori, et on voit des maillots de la Seleçao et de l’Albiceleste fleurir. Le métro est régulièrement bondé. Les terrasses pleines. Il n’y a plus qu’à. Pour les fans qatariens, en revanche, le temps pourrait sembler long si Hasan al-Haydos et compagnie ne haussent pas le ton… Même si, bien évidemment, les enjeux vont au-delà du sport.