Battu sur le fil par les Pays-Bas mais pas abattu malgré les vents contraires, le capitaine sénégalais positivé avant une première «finale » contre le Qatar.

Envoyé spécial à Doha

Le sort s’acharne sur le Sénégal. Déjà privés de leur pièce maîtresse, Sadio Mané, blessé juste avant la Coupe du monde avec le Bayern, les Lions de la Teranga ont perdu Abdou Diallo et Cheikhou Kouyaté lundi, lors d’un match qu’ils ont longtemps semblé en mesure de le gagner. Défaite 0-2 contre les Pays-Bas à l’arrivée, avec des buts aux 84 et 98es minutes. Quand ça ne veut pas… «Des nouvelles des blessés ? Non, pas encore. Pour les deux, ça semble un peu grave. On verra après les examens, demain (mardi)… C’est quand même difficile de perdre encore deux joueurs. Il nous manquait déjà Sadio, maintenant Abdou et Cheikhou… On va essayer de bien gérer cela», souffle le capitaine des champions d’Afrique, Kalidou Koulibaly, convenant que l’absence de Mané s’est fait sentir au Al-Thumama. «C’est normal… Ce sera le débat sur tous les matches du Sénégal. À nous de prouver qu’on peut jouer sans lui. En fait on joue pour lui, c’est très important, martèle-t-il. Il aurait voulu être avec nous, c’est vraiment dommage qu’il ne soit pas là…»

Très dommage. Avec le deuxième au palmarès du dernier Ballon d’or, qui sait ce que le Sénégal aurait pu viser au Qatar ! «Il ne faut pas commencer à chercher des excuses, il faut continuer à travailler, à montrer de bonnes choses. On a montré de très bonnes choses aujourd’hui (lundi). C’est dommage qu’on n’ait pas au moins fait match nul… On y croit, on va tout faire pour gagner le prochain match contre le Qatar», assure le joueur de Chelsea, déjà tourné vers cette «finale» contre le pays hôte, battu par l’Équateur en ouverture (0-2) dimanche. «Ce sera compliqué mais c’est la beauté du football. Rien n’est facile. Quand on a été champion d’Afrique, on a été le chercher nous-mêmes, rappelle-t-il. On a commencé par des difficultés et on l’a fait. Là, on commence par des difficultés aussi. J’y crois, tout le monde y croit, le vestiaire y croit, le coach, et je crois que le Sénégal y croit aussi. C’est le plus important. Maintenant, il va falloir tout mettre de notre côté pour gagner contre le Qatar. Ce sera une finale aussi pour eux.» Malheur au vaincu dans cette rencontre qui se déroulera dans le même stade que mardi (14h), Al-Thumama.

On a été pertinent dans ce qu’on a fait, dans le plan qu’on avait.

Kalidou Koulibaly

Les hommes d’Aliou Cissé espéreront que, cette fois, cette enceinte de 40.000 places ne sera pas le théâtre de nouveaux coups durs. Ils pourront se souvenir que ce match face aux Pays-Bas a effectivement permis de voir à l’heure une équipe de haut niveau, composée de plusieurs visages bien connus en Ligue 1 (Diatta, Gueye, Dia…). D’ailleurs, les Néerlandais ne pavoisaient pas au sortir du terrain, à l’image de l’ex-Lyonnais Memphis, remplaçant au coup d’envoi et qui a ouvert la voie pour le second but des siens, au bout du temps additionnel. «C’était un match compliqué, on n’a pas très bien joué mais on a réussi à marquer deux buts contre les champions d’Afrique. On ne peut pas dire qu’on est satisfait. Mais on doit», grince-t-il, lui, qui a rendez-vous avec l’Équateur avec les siens.

Vainqueurs aux points à défaut de l’être dans les faits, les Sénégalais peuvent donc s’enorgueillir d’avoir fait «un bon match» lundi soir. «On a été pertinent dans ce qu’on a fait, dans le plan qu’on avait. C’est dommage qu’on ait pris ce but à la fin (la tête de Gakpo à la 84e) parce qu’on avait vraiment les occasions pour marquer avant. C’est dommage… C’est la loi de la Coupe du monde, on sait que les matches se jouent sur des détails. Mais on y croit, on y croit tous ! On sait que ce sera difficile, il y aura deux finales et la première contre le Qatar. On va tout faire pour gagner ce match. Ensuite, on verra contre l’Équateur. Il faut prendre match après match. On va analyser ce match parce qu’il y avait beaucoup de bonnes choses», note Koulibaly, l’ancien Messin ne cachant pas que le manque de réalisme a fait mal aux Lions. «Il ne faut pas pointer du doigt quelqu’un en particulier. On peut seulement dire qu’on peut marquer plus et c’est dommage de ne pas l’avoir fait parce qu’on a vraiment eu les occasions… Il faut continuer à travailler. On croit en nous. On sait qu’on peut le faire. Inch Allah, on le fera», lance-t-il. Dès vendredi ?