Bannis de l’édition 2022 de Wimbledon après l’invasion russe en Ukraine, Khachanov, Sabalenka et Azarenka sont encore en lice à Melbourne. De quoi attirer l’attention sur la décision à venir du Grand-Chelem londonien pour 2023.

Deux Biélorusses et une Kazakhstanaise née à Moscou dans le dernier carré du tableau féminin de l’Open d’Australie. Un Russe encore en lice dans le tableau masculin. Voilà qui ne devrait pas passer inaperçu du côté des organisateurs de Wimbledon.

Jeudi à Melbourne, l’ancienne numéro un mondiale Victoria Azarenka affrontera Elena Rybakina pour tenter de poursuivre sa quête d’une troisième couronne en terre australienne, avant qu’Aryna Sabalenka ne défie la Polonaise Magda Linette. Vendredi, Karen Khachanov tâchera de passer l’obstacle Stefanos Tsitsipas pour atteindre sa première finale en Grand Chelem.

Khachanov, Azarenka et Sabalenka étaient tous absents de Wimbledon l’année dernière, les organisateurs ayant pris la décision unilatérale d’exclure les joueurs russes et biélorusses en raison de l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine. Wimbledon et les autres tournois britanniques s’étaient vus retirer leurs points de classement et la Fédération britannique de tennis avait écopé de grosses amendes par la WTA et l’ATP.

Le conflit en Ukraine ne montrant aucun signe de fin, la décision concernant une réintégration des joueurs russes et biélorusses se fait pressante. «J’espère. Je ne sais pas. Aux dernières nouvelles, la décision devait être annoncée dans quelques semaines, a déclaré aux journalistes le Russe Andrey Rublev, qui a perdu son quart de finale contre Novak Djokovic ce mercredi. Nous sommes tous dans l’attente. Espérons que nous pourrons jouer. Je souhaite, j’aimerais, et j’adorerais jouer. Wimbledon est l’un des meilleurs tournois de tennis.»

La Russie et la Biélorussie ont également été bannies des épreuves par équipes comme la Coupe Davis et la Billie Jean King Cup, mais les Rublev, Azarenka et Sabalenka sont libres de jouer partout ailleurs en tant qu’individus, bien que sans affiliation nationale. Les organisateurs de l’Open d’Australie ont même interdit les drapeaux russes et biélorusses à Melbourne la semaine dernière après une plainte de l’ambassadeur d’Ukraine en Australie.

Sabalenka a été régulièrement interrogée sur la situation et l’a été à nouveau mercredi après avoir battu Donna Vekic. «Bien sûr, ça m’affecte beaucoup. C’était dur et c’est toujours dur. Ce que je comprends, c’est que ce n’est pas ma faute. Je n’ai aucun pouvoir. Si je pouvais faire quelque chose, bien sûr que je le ferais, mais je ne peux rien faire», a-t-elle déclaré.

Djokovic et McEnroe en renfort

Le nonuple vainqueur du tournoi Novak Djokovic a exhorté Wimbledon à autoriser les joueurs russes et biélorusses à participer à l’édition 2023. Un avis soutenu par la légende américaine John McEnroe. «La guerre est évidemment horrible, et chacun y fait face à sa manière, a déclaré McEnroe à Reuters lors d’une vidéoconférence organisée par Eurosport. Je n’étais pas d’accord l’année dernière avec la décision de Wimbledon. Je ne serai pas d’accord cette année. Je ne sais pas ce qu’ils vont faire. Personne ne veut cette situation. J’espère donc que quelque chose va changer pour permettre aux joueurs de jouer. Il se trouve qu’au tennis, certains de nos meilleurs joueurs et joueuses viennent de ces deux pays. Ils ne devraient pas, je crois, être punis pour quelque chose avec lequel ils n’ont rien à voir.»

Wimbledon envisagerait de lever l’interdiction, mais il est peu probable que les organisateurs fassent une annonce avant leur conférence de presse traditionnelle du mois d’avril. L’icône américaine Billie Jean King a déclaré cette semaine qu’elle soutiendrait une telle initiative. «J’espère qu’ils (les organisateurs de Wimbledon) le feront (lever l’interdiction) a déclaré King au Times. Il suffit faire comme tous les autres tournois. La vie est trop courte.»