Bernard Laporte au tribunal correctionnel de Paris. Panoramic

Selon un sondage Odoxa, plus de deux tiers des Français veulent voir le président de la Fédération de rugby, condamné en première instance pour corruption, quitter ses fonctions.

À moins de huit mois de la Coupe du monde organisée en France, le rugby français est secoué par les affaires. Bernard Laporte, le président de la Fédération française de rugby, a été condamné le 13 décembre à deux ans de prison avec sursis pour avoir noué un «pacte de corruption» avec l’homme d’affaires et président du club de Montpellier Mohed Altrad. Ayant fait appel de la décision, sa peine, assortie de l’interdiction d’exercer son activité de président de la FFR, n’est pas immédiatement exécutoire.

L’ancien sélectionneur des Bleus (2000-2007) refuse à ce titre de démissionner mais a accepté, sous la pression conjointe de la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, de la Ligue nationale de rugby (LNR) et du comité d’éthique de la FFR, de se mettre en retrait derrière un président délégué (Patrick Buisson, vice-président chargé du rugby amateur) jusqu’au procès en appel, qui ne devrait intervenir qu’après le Mondial-2023. Il n’en reste pas moins que l’image du rugby français a été sérieusement écornée par toutes ces affaires extra-sportives, alors que le XV de France – après des années de disette – retrouve les avant-postes sur le terrain.

Un sondage réalisé mi-janvier par Odoxa pour Winamax et RTL – auprès de 1.005 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus dont 436 amateurs de rugby – montre que 68% des Français souhaitent que Bernard Laporte quitte ses fonctions. Une affaire qui a eu un grand retentissement puisque 53% des Français et 76% des amateurs de rugby ont entendu parler de la condamnation du président de la FFR. Selon 74% d’entre eux, toute cette affaire «porte préjudice au rugby français dans toutes ses dimensions, en premier lieu à l’international».

L’action de la la ministre des Sports saluée

Les Français soutiennent, dans le même temps, l’interventionnisme de la ministre des Sports. 68% des personnes interrogées (et 69% des amateurs de rugby) jugent qu’Amélie Oudéa-Castéra a raison, que «le ministère des Sports doit pouvoir intervenir dans la vie interne des fédérations. Ils ne sont que 30% et 31% à considérer qu’elle a tort, que les fédérations doivent être indépendantes et ne rendre compte qu’à leurs adhérents et aux instances internationales», explique Odoxa.

En conséquence, «les Français voient mal comment Bernard Laporte pourrait rester à la tête de la Fédération. 68% d’entre eux, soit très exactement le même niveau que pour Noël Le Graët (président de la Fédération française de football visé par une enquête pour harcèlement moral et harcèlement sexuel, NDLR), souhaitent qu’il quitte son poste. Le niveau monte à 77% chez les amateurs de rugby», détaille Émile Leclerc, directeur d’études pour Odoxa.