Matthieu Jalibert, transperce la défense japonaise, dimanche, au Stadium de Toulouse. LIONEL BONAVENTURE/AFP

Sans attendre, le joker a jailli de sa boîte. Cela fait quatre minutes que Matthieu Jalibert est entré au relais de Romain Ntamack. Petit jeu au pied pour lui-même, accélération, fixation, passe. Une …

Sans attendre, le joker a jailli de sa boîte. Cela fait quatre minutes que Matthieu Jalibert est entré au relais de Romain Ntamack. Petit jeu au pied pour lui-même, accélération, fixation, passe. Une action décisive qui aboutira au second essai de Damian Penaud (60e). Douze minutes plus tard, rebelote et dix de der. L’ouvreur tape au-dessus de la défense nipponne, récupère et lance la cavalerie. Essai de Jelonch. Deux coups d’éclat qui n’ont pas fini d’alimenter le débat. Son rival toulousain, reconduit titulaire tout l’automne, a, pour la troisième fois, livré une prestation sans grand relief. Quand le Bordelais a tout changé.

Face aux micros, il dissimule péniblement sa jubilation. «J’essaye, en tant que finisseur, de rester dans le cadre sans surjouer mais en apportant ma touche, de ne pas faire baisser le niveau de l’équipe mais de lui apporter mes qualités. Sur les trois matchs, je pense avoir réussi à le faire. J’ai apporté mon énergie, mon enthousiasme et ça a payé.» Est-il animé, à chaque fois qu’il rentre, par un sentiment de revanche? «Pas spécialement, répond-il d’une voix la plus neutre possible. Je prends le temps qu’on me donne et j’essaie de faire au mieux pour aider l’équipe à performer.» Il confie avoir remarqué, depuis le banc, quelques faiblesses dans le deuxième rideau défensif japonais. «On a le temps d’analyser et de cibler les opportunités. Finisseur, on bénéficie du travail de sape. Avec mes qualités de vitesse, cela m’a permis de faire la différence.»

Avait-il reçu des consignes du staff pour tenter ces deux actions? «Non, mais il connaît mes qualités. Je suis un joueur qui aime attaquer la ligne, tenter des choses qui se proposent avec moi. Je joue à l’instinct.» Ses trois entrées en jeu décisives nourrissent-elles sa frustration face à une hiérarchie figée par le sélectionneur au nom du «devoir de mémoire»? Sa moue en dit plus long que ses mots. «Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question, mais au staff. Je fais mes entrées du mieux que je peux. Après, il y a des choix et il faut les accepter. Je reste positif.»