Après un an sans jouer de tournoi en simple, la septuple lauréate a manqué son retour sur le circuit.

A Wimbledon,

Déçue mais pas abattue. Il y a un an, elle quittait en larmes le Centre Court, obligée d’abandonner dès son entrée en lice: blessée à une jambe. Elle avait jeté l’éponge après quatre jeux contre la Bélarusse Aliaksandra Sasnovich. Mardi soir, l’Américaine a quitté le central de Wimbledon avec un sourire crispé, un an après, pour son retour sur les courts. Face à une épatante Harmony Tan, elle n’a été que l’ombre d’elle-même au terme d’un match très décousu. Elle a poussé régulièrement de grands cris pour s’encourager. Mais, rattrapée par son manque de compétition, elle a commis la bagatelle de 54 fautes directes (contre 28 pour son adversaire) et n’a pas eu l’efficacité habituelle après ses premiers services (seulement 66% de points gagnés derrière ses premiers services). Sans surprise, elle a été très empruntée dans ses déplacements et a manqué de justesse et de lucidité sur beaucoup de ses coups.

Elle s’est battue jusqu’au bout mais à bout de souffle et d’idées, elle a cédé après trois heures de combat (3 heures 11). « Physiquement je m’en suis plutôt bien sortie, a estimé l’Américaine. Mais je n’ai pas su gagner les points clés en fin de match. Si j’avais plus de matches derrière moi en compétition, peut-être que j’aurais gagné ces points-là. Aujourd’hui, j’ai donné tout ce que je pouvais faire. Une autre adversaire aurait probablement mieux convenu à mon jeu. Je ne peux pas changer le temps ou quoi que ce soit. C’est tout ce que je pouvais faire aujourd’hui. Je me suis battue et j’ai fait ce que j’ai pu. Je suis restée calme. Je n’étais pas en colère. C’était une énorme victoire pour moi, de ne pas casser de raquettes ».

Elle pourrait disputer l’US Open

Dans le super-tie break, l’Américaine s’est alors rapidement détachée 4-0 et semblait se diriger vers une victoire, mais elle n’a pas su conserver son avantage et a fini par s’incliner, exténuée. Harmony Tan, 113e mondiale a fait son match et a le grand mérite de ne jamais lâcher face à la septuple lauréate du tournoi. Son jeu en variation a beaucoup gêné la légende aux 23 titres du Grand Chelem. La Française se souviendra de sa première fois sur le mythique court londonien.

Désormais mère de famille et businesswoman accomplie, redescendue au 1.204e rang mondial, Serena Williams reste encore une joueuse de tennis. Pour combien de temps encore ? C’est à Londres qu’elle s’est adjugé son premier Grand Chelem à 16 ans en 1998 avec un sacre en double mixte, associée au Bélarusse Max Mirnyi, en dominant 6-4, 6-4 l’Indien Mahesh Bhupathi et le Croate Mirjana Lucic. Le premier de ses 39 succès en Grand Chelem, simple et doubles confondus. C’est peut-être à Londres qu’elle a tiré sa révérence : « C’est une question à laquelle je ne peux pas répondre. Je ne sais pas. Qui sait ? Qui sait où je vais apparaître.» A l’US Open ? À domicile fin août. Très probablement, si l’on se fie à sa dernière réponse en conférence de presse : « C’est là-bas que j’ai remporté mon premier Grand Chelem (en 1999), c’est quelque chose qui est toujours super spécial. Votre première fois est toujours spéciale. Je suis sans aucun doute très motivée pour m’améliorer et jouer à la maison». Pour boucler peut-être la boucle.